Polliat

Commémoration du 11-novembre

voici le texte du discours prononcé par le maire de Polliat à l'occasion du centenaire de l'armistice du 11 novembre 1918 : Aucune commémoration, aucun livre, aucune photo, aucun film, aucun récit ne réussira jamais à donner une juste idée de ce que fut cette période historique et l'effroyable tragédie de la première guerre mondiale. Y a-t-il d'ailleurs un moyen de rendre compte de l'indicible horreur de toute guerre ? Pour autant, ce devoir de mémoire, ces commémorations qui, partout dans le monde et en France notamment, rassemblent aujourd'hui des millions d'hommes et de femmes, nous permettent d'appréhender un peu mieux des réalités humaines inimaginables pour les générations que nous sommes. Parmi d'autres, l'écrivain Maurice Genevoix qui fera bientôt son entrée au Panthéon comme l'a voulu le président de la République, a tracé en lettres de sang, ce que fut son expérience de lieutenant d'infanterie. Voici entre autres récits ce qu’il écrivait dans ses carnets de guerre : "voir mes propres hommes disparaître les uns après les autres, les entendre toute la nuit m'appeler avec des voix d'enfants, pleurer, me supplier de les faire emmener, de leur couper le bras tout de suite si je ne voulais pas qu'ils meurent, de leur prêter mon revolver si je ne voulais pas les achever moi-même. .." Avec de tels souvenirs, et dans l'actualité d'un monde toujours prompt à s’enflammer, comment ne pas prendre la mesure de la fragilité de la paix et de la liberté qui, au fond, restent les seuls vrais combats qui méritent d'être menés ? Il n’est jamais aisé de faire une lecture une lecture honnête et totalement objective du passé. C’est pourtant un enjeu essentiel pour comprendre l’actualité et plus encore décider de notre avenir. Ainsi, ce que nous célébrons aujourd’hui ce n’est pas seulement la paix enfin obtenue après tant de souffrances. Le 11 novembre 1918 c’est aussi, ne n’oublions jamais, la victoire de la France et de ses alliés contre l’Allemagne et les puissances impérialistes de l’Axe ! Autrement dit, la victoire des démocraties libres contre les régimes autoritaires allemand, austro-hongrois et turc. Enfin, le 11 novembre 1918, c’est aussi le retour de l’Alsace et de la Moselle dans la communauté nationale. Le combat et le sacrifice de nos héroïques poilus n’ont donc pas été vains ! À Polliat comme dans chaque commune de France, nous n'avons gardé sur notre monument aux morts que la trace indélébile des noms de ceux qui ne sont pas rentrés vivants au village. Ils furent au total 74 sur quelque 260 jeunes hommes mobilisés. Mais pour 74 jeunes polliatis, fauchés à l'aube d'une vie de promesses et dont nous rappellerons le nom dans un instant, combien de blessés, de vies brisées, de familles décimées, d’hommes psychologiquement anéantis, d'orphelins jamais consolés, de femmes, d'enfants et de vieillards soumis au dur labeur qu'il a fallu assumer en l'absence des hommes mobilisés ? Qui sait si le soldat inconnu qui repose sous l'Arc de triomphe à Paris, n'est pas l'un de nos disparus polliatis auprès duquel brûle jour et nuit la flamme du souvenir ? Cette flamme est sans cesse ranimée par les anciens combattants, les chefs d'État et les ambassadeurs, attachés à manifester toujours l’importance de de ce geste mémoriel. Tant que cette flamme sera ranimée sur cette tombe si symbolique, tant que les générations se rassembleront chaque année devant chaque monument communal, oui tant que nous commémorerons, alors battra toujours le cœur d'une nation reconnaissante. Mais cette flamme, cette mémoire et ce cœur qui éclairent notre histoire si souvent tragique, doivent aussi ouvrir une route d'espérance pour tous les peuples. En ce jour, le Président de la République adresse un message à la nation dont voici quelques extraits : "Français, Françaises, nous sommes unis ce jour dans la conscience de notre histoire et le refus de sa répétition. Nous savons avec quelle force, les nationalismes, les totalitarismes, peuvent emporter les démocraties et mettre en péril l'idée même de civilisation. Nous savons avec quelle célérité l'ordre multilatéral peut soudain s'écrouler. Nous savons que l'Europe unie, forgée autour de la réconciliation de la France et de l'Allemagne, est un bien plus fragile que jamais. Vigilance ! Tel est le sentiment qui doit inspirer le souvenir de l'effroyable hécatombe de la Grande guerre. Ainsi serons-nous dignes de la mémoire de celles et ceux qui, il y a un siècle, sont tombés. Ainsi serons-nous dignes du sacrifice de celles et ceux qui, aujourd'hui, font que nous nous tenons là, unis, en peuple libre. » Et le Président de conclure par cette triple incantation : « Vive l'Europe en paix ! Vive la République ! Vive la France ! »
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